vendeur journaux

La dame aux journaux

Gare de Lyon. 8h30 en semaine.

 

La petite dame se tient sur un côté, à l’écart de la foule et du tourbillon qu’est une gare parisienne en semaine. Elle accroche consciencieusement son badge, attestant qu’elle a le droit de vendre un petit magazine et de demander « un peu d’aide » aux passants.

La petite dame, je la croise presque tous les matins. Elle est toujours pomponnée, bien coiffée, un petit trait de rouge à lèvres rosé, sur ses lèvres affinées par l’âge, lui donnant un petit air désuet mais charmant. La petite dame, une fois son badge accroché, sa coiffure vérifiée d’un petit geste de la main, sort de son cabas un petit tas de magazines. Parfois l’histoire des stations de métro, ou alors des idées de restaurants dans Paris, aujourd’hui un carnet de recettes de cuisine.

Les gens passent et ne la voient pas. Elle se fait toute petite pour ne pas gêner, pour ne pas retarder quelqu’un. Elle se place toujours au même endroit, entre la presse et l’entrée du métro, immobile et attendant qu’on la regarde.

Je suis comme les autres. Peut-être trop habituée, je ne vois plus vraiment tous ces gens qui demandent un peu d’aide. Sauf cette petite dame. Elle je l’ai vue depuis 6 mois, et je suis sûre que si je la croisais dans la rue, je ne devinerais jamais qu’elle a besoin de vendre un journal de rue pour vivre.
Finalement, j’admire ces personnes, qui veulent s’en sortir à tout prix et qui se battent pour retrouver une place dans la société, pour travailler comme tout le monde.

Cette petite dame, elle pourrait être une voisine, une ancienne maitresse d’école, la grand-mère d’une amie.

Cette petite dame m’a touchée et son sourire ce matin quand je lui ai dit bonjour et que je lui ai glissé ma petite monnaie dans la main, c’est le plus joli moment de ma journée !

  • Partner links